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Tout fan de rock, de métal a un jour été marqué par la mort d’un membre d’un groupe qu’il adorait. En effet, il semblerait que le style autrefois décadent des 50 ait subi une sorte de malédiction, qui veut que les grands groupes sont condamnés à perdre l’un des leurs, de façon brutale pendant ou après leur carrière. Visual Music Enterprise vous propose donc de revoir quelles furent les plus grandes tragédies qu’a connues le monde du Rock au cours des 50 dernières années. Comme vous le verrez, les pertes ont été nombreuses et ont grandement modifié le cours de l’Histoire. Le nouveau slogan du Rock’N’Roll serait-il donc Sex, Drugs, Rock’N’Roll… and Death ?

[img align=left]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_buddyholly.gif[/img]Le Rock’N’Roll est né au milieu des années 50, et a très rapidement déchaîné les passions. Mais rapidement, les plus grandes stars et les plus grands groupes ont flirté avec la mort, et beaucoup n’en ont pas réchappé. Ainsi, dès 1959, deux des grandes stars du moment, Ritchie Valens et Buddy Holly (auteur du tube “Peggy Sue“), périssent tous deux dans un accident d’avion. Promis à un grand avenir, ces 2 artistes ont été les premières victimes de la malédiction qui décima le rock. Ensuite, tout s’accélère. A peine quelques mois plus tard, en avril 1960, c’est leur ami Eddie Cochran (connu pour son célèbre “Come On Everybody”) qui décède dans un accident de la route. 3 individus sont morts, mais 3 mythes sont nés. En 1962, l’ex-bassiste des Beatles, Stu Sutcliffe, décède d’une hémorragie cérébrale à seulement 21 ans. En 1969, c’est le groupe ennemi des Scarabées qui perd l’un des siens : les Rolling Stones enterrent en effet Brian Jones, présent dans le groupe de 1961 au 9 juin 1969. Alcoolique et drogué notoire, le prédécesseur de Mick Taylor est retrouvé noyé dans sa piscine, à peine un mois plus tard. Ce guitariste de génie, qui a contribué à établir la renommée des Stones pendant près de 8 ans, était le membre à la plus forte côte de popularité auprès du public féminin, largement devant Mick Jagger. A peine affectées, les pierres qui roulent ont “fêté l’événement” par un concert improvisé, et ce dès le lendemain…

[img align=right]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_hendrix.gif[/img]Les années 70, années de débauche s’il en est dans l’histoire du Rock, ont bien évidemment été à l’origine de nombreuses disparitions. Les abus de l’époque ont ainsi stoppé net la carrière fulgurante de Jimmy Hendrix. Ce guitariste de génie, que l’on ne présente plus, venait de triompher à Woodstock et de sortir son fabuleux double album “Electric Ladyland“. Mais miné par les procès et par la consommation de drogue, il devient colérique sur scène, au point de parfois insulter le public lors de ses concerts. Semblant au bord de la dépression, il revient jouer au Danemark en septembre 1970, où il quitte la scène en lâchant un “Je suis mort depuis longtemps” tristement prémonitoire. Parlant d’un projet futur avec Miles Davis, Jimmy voit ses projets définitivement écartés lorsqu’il meurt d’une overdose de barbituriques à Londres, le 18 septembre 1970. Le guitariste le plus inventif de l’Histoire de la musique est mort, nous privant de ses compositions au sommet de sa gloire.

[img align=left]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_keithmoon.gif[/img]Peu de temps après, ce sont The Doors, autre figure emblématique du mouvement soixante-huitard, qui perdent l’un des leurs, également en raison d’un abus de substances illicites. Jim Morrison, leader de ce groupe fondé en 1965 avec 2 camarades de classes, possède alors une aura démesurée auprès d’un public essentiellement féminin.

Cette formation très prolifique (6 albums en 4 ans) a su allier qualité et quantité au cours de sa courte carrière. Mêlant blues et poésie, les Doors ont posé les bases d’u nouveau genre musical, psychédélique, déjanté, paisible, et réfléchi. Mais voilà, le 3 juillet 1971, une énième overdose de Jim met fin à l’aventure de ce groupe qui a marqué des générations entières de musiciens, et dont les disques n’ont pas pris une ride. On n’ose même pas imaginer le niveau qu’ils auraient pu atteindre sans ces problèmes récurrents de drogue qui ont fait du “Roi Lézard” un être bouffi et désarçonné sur scène.

Au cours des années 70, les morts se succèdent, comme en témoignent les disparitions d’Al Wilson de Canned Heat (suicide) ou encore de Tommy Bolin. Ce dernier, jeune guitariste de Deep Purple et officiant en tant que remplaçant de Ritchie Blackmore, décède le 4 décembre 1976 d’une overdose de drogue (décidément, c’était la mode à cette époque…). Le groupe décide alors d’un commun accord de se séparer, mais il se reforme en 1984 et court depuis près de 20 ans après les billets verts. Lynyrd Skynyrd perd quant à lui 3 de ses membres (Cassie Gaines, Steven Gaines et Ronnie Van Zant) lors d’un tragique accident d’avion en octobre 1977. En septembre 1978, c’est Keith Moon, le batteur excentrique des Who, qui ne survit pas à une overdose de drogue. Le groupe ne s’en remettra pas et arrêtera sa carrière studio… jusque 2003.

En 1977, c’est le King qui disparaît. Elvis Presley, figure emblématique des années 50 et 60, mais ombre de lui-même au cours des années 70, finit tristement sa vie, complètement drogué et bouffi par l’inactivité. L’enfant du Mississippi, à la carrière exemplaire jusqu’à son service militaire, est devenu pathétique vers la fin de sa vie, mais l’adoration des fans n’a jamais décru depuis ce 16 août 1977 où le roi s’est éteint à Graceland, sur le trône qui ornait sa salle de bains (et oui, Elvis est mort en démoulant un cake). Sa mort a fait l’objet d’une polémique nationale, certains criant au mensonge, et affirmant avec véhémence “Elvis is alive” ! La mort la plus controversée de l’Histoire du Rock, assurément…

[img align=right]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_bonscott.gif[/img]L’année 1980 est une année maudite. Hormis le fait que ce soit mon année de naissance, 3 groupes majeurs ont perdu un membre de leur effectif. Tout commence (ou se finit pourrait-on dire…) le 19 février 1980 : ce jour-là, Bon Scott, leader charismatique d’AC/DC, a trop bu, et alors qu’il dort dans sa voiture, il périt, étouffé par son vomi.

Pour les Australo-écossais, c’est un véritable drame : Bon Scott, par son âge, était en quelque sorte le grand frère du groupe. De plus, AC/DC venait à peine de percer aux USA avec l’album “Highway To Hell“. Ayant déjà quelques compositions sous la main, les frères Young ont décidé de continuer l’aventure, et d’embaucher le nasillard Brian Johnson, qui aurait été selon lé légende conseillé par Bon lui-même quelques années auparavant. Finalement, bien en a pris à Angus et Malcolm, puisque quelques mois après cette tragédie, le mythique “Back in Black” est sorti dans les bacs. Un album en guise d’hommage à Bon, et qui s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde.

1980 fut également l’année de la disparition de John “Bonzo” Bonham, batteur de Led Zeppelin au style révolutionnaire pour l’époque. Ce groupe qui a changé l’histoire du métal, en apportant des touches orientales et hippies dans sa musique, a connu une fin de carrière difficile, avec la très mitigé “In Through The Out Door” en 1979. Après des débuts tonitruants, les dirigeables avaient déjà connu de graves problèmes au cours de leur carrière : Robert Plant a ainsi eu un très grave accident de voiture en Grèce, et il a perdu un de ses jeunes enfants en 1977. A peine remis en selle, Led Zeppelin fut stoppé en chemin, le 25 septembre 1980, avec la mort prématurée de John Bonham, à peine âgé de 32 ans. Comme tant d’autres, Bonzo fut victime d’un abus d’alcool. Le groupe, après avoir cherché un remplaçant pendant près de 3 mois, a finalement annoncé la fin définitive du groupe légendaire en décembre 1980. Belle attitude en ces moments difficiles…

[img align=left]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_john.gif[/img]Enfin, l’année 1980 s’est achevée par un drame que tout le monde connaît : John Lennon, l’ancien Beatles menant une carrière solo atypique (il avait arrêté la musique pendant 5 ans, afin de s’occuper de son fils) mais fructueuse, s’est fait abattre par un prétendu fan, Mark D. Chapman, qui ne supportait pas de se voir refuser un autographe.

Mort pour une simple signature en sortant de chez lui, le plus créatif des scarabées est aussitôt entré dans la légende. Souhaitant vivre de manière pacifique parallèlement à un monde devenu fou, le célèbre barbu âgé de 40 ans s’est fait rattraper en bas de son immeuble de New-York par la folie excessive de fans se croyant tout permis.

Metallica, LE groupe de métal des années 80, a forgé son succès sur la route, sans aucun soutien de la part des radios et de MTV. Ces incessantes tournées ont également été à l’origine d’un drame, qui a contribué à bâtir la légende des “Four Horsemen“. Flashback. Nous sommes en septembre 1986. Metallica a sorti 3 albums mythiques en 4 ans, le dernier en date étant le grandiose “Master of Puppets“. Comme à son habitude, les Horsemen tournent sans répit pour promouvoir l’album. Le 27 septembre, après avoir joué une date en Suède, Kirk Hammett et Cliff Burton ont une engueulade. Cliff finit par prendre la place de Kirk dans le tour bus. Au milieu de la nuit, alors que tout le monde dort, l’autocar dérape sur une plaque de verglas dans un virage, et le bus s’engouffre dans le ravin. Secoués par le choc, tout le monde sort du bus sans dommage… Tous sauf Cliff, éjecté de sa couchette et écrasé par le véhicule. Le groupe, effondré, ne fera pas faille à sa réputation et noiera son chagrin et sa colère dans l’alcool et par le saccage d’une chambre d’hôtel… Avec le décès accidentel de Cliff Burton, Metallica a perdu un génie de la basse, qui jouait de son instrument comme d’une guitare. Les “Mets” ne s’en remettront jamais vraiment, et Jason Newsted, embauché 2 mois plus tard, ne sera jamais totalement intégré et finira même par quitter le groupe au bout de 14 ans de service et de frustration. Ce soir du 27 septembre 1986, c’est le monde du métal tout entier qui a perdu un virtuose.

1988 est une année noire pour les Red Hot Chili Peppers : ce nouveau groupe de funk au jeu révolutionnaire perd une de ses pièces maîtresses avec la mort par overdose de son guitariste Hillel Slovak. Le groupe perd également son batteur, Jack Irons, qui part en hôpital psychiatrique à la suite de cette tragédie. Anthony Kiedis et Flea auront toutefois la bonne idée de continuer l’aventure, avec John Frusciante et Chad Smith en tant que guitariste et batteur respectifs, pour nous pondre par la suite de petites perles au cours des années 90. Comme quoi la mort peut parfois bénéficier indirectement à l’avenir d’un groupe…

En 1991, Queen sort un album exceptionnel dénommé “Innuendo“. Devant la qualité du travail et la voix sublime de Freddie Mercury, qui peut un seul instant imaginer que le chanteur de cette formation décèdera quelques mois plus tard ? En effet, le vocaliste moustachu annonce sa séropositivité au monde le 23 novembre 1991 et décède le lendemain du Sida. Adepte des orgies sexuelles lors des années 1980, Freddie a joué avec sa vie pendant plusieurs années et a fini par en payer le prix. Déjà absent des scènes depuis 1986, le groupe prend la sage décision de s’arrêter, même si un excellent album contenant les derniers enregistrements de Freddie sortira en 1994.

[img align=right]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_kurt.gif[/img]Nirvana, au début des années 90, a créé une véritable révolution dans le monde musical de l’époque. Premier groupe à imposer un métal simple, basé sur 3 accords, il a été à l’origine du grunge, et continue d’inspirer les kids qui jouent dans leur garage.

En 1991, “Nevermind” fut un véritable raz-de-marée : sortant de nulle part, cet album a eu un tel succès qu’il a réussi a détrôner Michael Jackson en tête des charts US, fait incroyable à l’époque. Bien que mérité, ce succès ne fut pas du goût de tous, et surtout pas de Kurt Cobain, le guitariste/chanteur de la formation. Souhaitant rester simple, Kurt refusa la vie de star et commença sa longue dépression. L’album “In Utero” de 1993, bien plus violent que “Nevermind“, n’a pas fait mentir les statistiques, et a confirmé le nouveau rôle majeur de Nirvana sur la scène musicale américaine et mondiale. Empreint à un mal-être, Kurt Cobain s’est réfugié dans les paradis artificiels, et son mariage avec Courtney Love n’a pas arrangé les choses. Cette dernière, possessive et hystérique, a clairement profité de la notoriété de son mari pour lancer sa carrière avec Hole. Début 1994, après un concert acoustique qui est encore dans toutes les mémoires, Kurt est entré en cure de désintoxication à la suite d’une overdose, puis il s’est échappé du centre de réhabilitation le 1er avril. Le 5 avril, il se fait une dernière injection d’héroïne, écrit une lettre très bizarre à ses proches, puis se suicide en se tirant un coup de fusil dans la tête. Le corps sera retrouvé par un électricien le 8 avril. Cette version officielle n’a toutefois pas fait l’unanimité auprès des fans et de la famille proche, et beaucoup se demandent encore si Kurt n’a pas “été suicidé” par son épouse. Beaucoup trop d’incohérences subsistent en effet, et le silence des proches semble avoir été acheté par certaines éminences richissimes. Peu importe finalement comment Kurt est mort. La musique a juste perdu un être talentueux, charismatique, simple, touchant, rappelant Jim Morrison à de nombreux égards, et dont la mort est autant sujette à la polémique que celle d’Elvis Presley.

[img align=left]https://www.visual-music.org/images/articles/photos/article_rockinpeace_laynestaley.gif[/img]Plus récemment, d’autres groupes ont également eu la malchance de perdre l’un des leurs. En 1998, c’est le jeune groupe de néo-métal Snot qui voit sa carrière s’arrêter net, à la suite de la mort de son chanteur ultra-charismatique, Lynn Strait. Tué bêtement dans un banal accident de la route, Lynn monte au ciel avec son chien, mascotte officielle du groupe. Snot splitte, mais sort tout de même 2 albums posthumes : un hommage de l’ensemble de la famille du néo-métal (Serj Tankian, Jon Davis, Fred Durst, Max Cavalera…) intitulé “Strait up“, et un live en 2002. Les ex-membres n’ont quant à eux pas eu trop de mal à se recaser, puisque certains sont allés chez squatter chez Amen, un autre a atterri chez Soulfly, alors que le petit dernier a fini chez Limp Bizkit. Bref, une mort providentielle pour certaines personnes pourrait-on dire… En 2002, enfin, on notera les disparitions de Layne Staley, chanteur d’Alice in Chains complètement camé (comme beaucoup de monde dans ce milieu), de Dave Williams (chanteur de Drowning Pool) et enfin de Paul Baloff, chanteur d’Exodus rongé par la maladie. Ces formations, pas forcément très connues du grand public, n’en avaient pas moins beaucoup de talent, et auront du mal à retrouver la même alchimie en cas d’une éventuelle réunion.

Comme vous le voyez, les exemples sont TRÈS nombreux, et les groupes considérés comme les plus grands de l’Histoire ont pour la majorité d’entre eux connu une lourde perte au sein de leur effectif. La mort de tous ces artistes a en quelque sorte servi à façonner leur légende. Les groupes, dont un des membres décède, entrent généralement dans le cercle fermé des mythes. La mort semble donc nécessaire pour créer des mythes. Kurt Cobain serait-il ainsi encore adulé aujourd’hui s’il avait changé de look, effectué un revirement musical ou tout simplement sorti de mauvais albums ? Bien que cela soit difficile à dire, certains s’en sont allés au bon moment. D’autres au contraire, n’ont pas acquis le statut de légende alors que leur talent leur donnait droit à cet égard. Prenez l’exemple de Bob Dylan : ce type devrait être considéré comme un dieu vivant, mais voilà, il a sorti des albums moyens depuis 10 ou 20 ans, et le public a fini par l’oublier. S’il était mort dans les années 70, à l’apogée de sa gloire, il serait glorifié comme un Jim Morrison.

Les groupes de rock et de métal ont un rythme de vie qui les “oblige” à prendre des risques et à vivre plus intensément, ce qui explique le nombreuses pertes. La drogue, l’alcool, les accidents et la dépression font partie intégrante de ce milieu et conduisent à de nombreux drames, pour les groupes mais également pour les fans. Les époques passent, mais la malédiction continue. Que la mort soit naturelle, accidentelle ou voulue, elle semble être inévitable et indissociable de ce milieu. Espérons juste que nos formations préférées du moment seront plus épargnées. Pensons en effet à tous ces fabuleux disques qui nous sont passés sous le nez, faute à la Faucheuse… Que serait devenu Metallica avec Cliff Burton ? Et AC/DC avec Bon Scott ? Jusqu’où seraient allés The Doors et Led Zeppelin avec leur line-up d’origine ? Beaucoup de questions qui resteront à jamais sans réponses… Si l’envie vous prend de méditer dessus, n’oubliez surtout pas une chose : Elvis is alive !