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Comme chaque année, VisualMusic recense par membre de l’équipe son best of de l’année. Nouveauté, s’ajouteront à la file des membres de labels, de groupes et d’acteurs de l’industrie musicale avec qui nous avons le plaisir d’échanger régulièrement. De quoi faire ton marché dans une année mouvementée.

Son résumé.

Ma playlist 2018 contient quasiment 200 titres de plus que l’année précédente. Est-ce que c’est un signe de supériorité ? Plutôt d’ouverture et de curiosité sur des artistes dont j’aurais survolé le disque pour m’attarder vraiment sur ceux cités ci-dessous. Jeunes pousses en confirmation, cadors en reconquête ou fraîches découvertes, cette année aura été fatale en concerts avec 4 festivals et une cinquantaine de dates incroyables pour la plupart qui m’ont aidé à passer le trou d’air que j’ai vécu lors d’une bonne partie de l’année. Comme j’ai été moins bavard sur le site, la longueur de ce bilan dans le désordre vous amènera tranquillement à 2020.

Un résumé en 100 titres concocté par Spotify ci-dessous.

 

Les disques

Interpol – Marauder

Même après 6 albums, comment dire non à Interpol ? Inspiré, classieux, facile à écouter et pourvu de quelques perles comme “Stay In Touch” et “If You Really Love Nothing“, Marauder est un de ces disques où chaque écoute engendre la suivante. Et leur passage Salle Pleyel était magistral, histoire de gagner une place dans le top des concerts. 

 

Shame – Songs of Praise

Après un certain temps à l’allumage et 18 mois d’attente de notre côté, Shame a frappé dès janvier avec son Songs of Praise enragé et entêtant. Des putains de bêtes de scène dont le tour du monde vient de s’achever triomphalement à Paris. On attend déjà la suite.

Idles – Joy As An Act Of Resistance

On l’avait dit dès leur rencontre, Idles a eu un éveil tardif mais est là pour régner sur sa scène. Joy As An Act Of Resistance est très difficile à écouter de par sa lourdeur et son agression quasi constante. Mais des bombes comme “Colossus” et “Samaritans” citées encore ci-dessous auront marqué l’année par leur excellence. Et leur présence singulière en concert en font les mecs les plus drôles, empathiques et sympathiques du circuit.

Ought – Room Inside The World

Pour leur troisième disque, Ought a adouci sa formule sans l’amoindrir. Des titres léchés, une interprétation toujours plus aventureuse et des compositions uniques d’une beauté rare dans le paysage actuel en font des incontournables de l’indé.

Young Fathers – Cocoa Sugar

Young Fathers a brouillé les cartes en démarrant son Cocoa Sugar par ses titres les plus calmes. Ce mix particulier de voix envoûtantes et rythmes tribaux marche encore mais attention à la redondance…  Heureusement, “Turn“, “Wow” et d’autres brûlots se cachent dans la tracklist.

Amen Dunes – Freedom

Il n’est jamais trop tard : quatre disques pour enfin arriver à tomber sur Amen Dunes. Et Freedom porte toutes les qualités d’un album que je ne peux quitter : interprétation singulière, mélodie accrocheuse. Et une parenté sonore évidente à The Suburbs d’Arcade Fire loin d’être désagréable.

Oh Sees – Smothe Reverser

Régénéré par sa formule à deux batteurs, les Oh Sees cassent des fions. En live, leurs sorties à la Cigale et au Pointu Festival m’ont dévissé les cervicales et je reste litteralement scotché à leurs albums et ce n’est pas Smothe Reverser qui me fera sortir de mon admiration pour John Dwyer : le meilleur des voyages entendu cette année en offrant toute l’hystérie, la dextérité et la folie que nous sommes en droit d’attendre.

Rendez Vous – Superior State

Le groupe est français, le chant et le son rappelle parfois Indochine et le pire des eighties mais Rendez Vous m’a bizarrement pris de court. Épatant en concert et terriblement addictif sur disque, ils rappellent parfois la brutalité du NIN des débuts.

En retard…

Avec un train de retard sur mes camarades, j’ai découvert Frank Carter pour une interview en mars à l’occasion de son Trabendo. Résultat des courses, 30 heures sur les 2 Rattlesnakes et un sacré boost lorsque j’avais besoin d’un coup de pied au cul. Ce mélange de voix à la Chester Bennington, de gimmicks pompiers et d’une énergie rappelant parfois Favourite Worst Nightmare des Arctic Monkeys n’est pas toujours de bon goût mais bordel, que c’est efficace.

Les singles

Ty Segall –  And, Goodnight

Il est enfin sur Spotify et le premier des six disques qu’il a sorti en 2018 mérite votre attention. Ode à la liberté, Freedom’s Goblin est un joli best-of de ce que le bonhomme sait faire de mieux sous tous les fronts. Ballade folk, envolées psyché ou furie, pas besoin de choisir car tout y est. Sans compter une formation live à son meilleur, plus ouverte aux jams complètement bandante et demeurant la meilleure des machines à envoyer dans le temps. Comme les King Gizzard, il gagnerait pourtant à se faire oublier pour mieux nous surprendre et nous éviter la fatigue.

Interpol – Stay In Touch

Le magnétisme qu’exerce ce groupe sur moi est totalement irrésistible et cette chanson n’est qu’un seul exemple de ce pourquoi je tombe amoureux de leur son en quelques secondes.

IDLES- Colossus

Si JAAOR n’est pas un album facile à écouter, “Colossus” et “Samaritans” sont l’œuvre d’un groupe qui sait où il va, emportant tout sur son passage lorsqu’il a décidé de nous faire fermer notre gueule et écouter ce qu’il a à nous dire. Deux énormes coups de poings comme des déclarations d’intentions.

Demob Happy – I Wanna Leave (Alive)

Des garçons très talentueux en concert, charmants en interview et ayant réussi à pondre un mélange efficace entre les Queens of the Stone Age et les Beatles. Ce titre est parfait pour tous les casses couilles qui souhaitent depuis 15 ans que QOTSA refasse du Rated R.

Les déceptions et surprises

Pour les moins, A Perfect Circle et son retour cash machine englobant album gênant et concert sur-tarifé d’une qualité quelconque. Les Arctic Monkeys et leur solo déguisé chiant chiant déjà oublié. Un Father John Misty moins gourmand mais moins flamboyant, la baisse de régime des Franz Ferdinand, les sorties creuses de Slaves et ProdigyBeach House et Jack White en live qui m’ont ennuyé poliment malgré une hype et un tarif prohibitif.

Saluons deux petits nouveaux : Rolling Blackouts C.F, aussi étonnant que rôdé et Chastity, aussi emo que juste.

Les concerts

Nine Inch Nails – Olympia & NOS Alive

Une mise en scène ne mettant en avant que la qualité des compositions, le meilleur des sons constaté cette année et un souvenir encore vivace six mois après. Aussi bien dans un Olympia complet à sa cause que lors d’un set en fin d’après-midi sur la plage de Cascais au Portugal. Et putain cet EP vieillit très, très bien. Merci Trent de nous montrer qu’on peut vieillir sans perdre de sa superbe.

The Chemical Brothers et Arcade Fire – Bercy

Si l’année précédente s’était conclue par un immanquable show de Soulwax au Casino de Paris, les Chemical Brothers ont vidé leur coffre à jouets à Bercy en novembre. Un spectacle son et lumières qui a transformé la salle en dancefloor géant l’espace de deux heures. De l’autre côté du ring, , le show des Arcade Fire à Bercy a été incroyable d’un bout à l’autre et a réussi à nous rappeler l’unicité et la qualité de cette formation. Même si Everything Now est une sombre daube.

Pearl Jam – NOS Alive 2018

Nos Alive et les performances incroyables de Pearl Jam, NIN et des Queens. Même en y allant l’oeil perplexe, le frontman le plus charismatique et chaleureux s’avère toujours être Eddie Vedder, le son en festival devrait s’apprendre avec Trent Reznor et le meilleur set des Queens était aussi du côté de Lisbonne. Saluons aussi l’impressionnante maîtrise de The National si puissant même devant une foule imposante. Sinon, on espère que Pearl Jam retrouvera peut-être le chemin de la France lors d’une tournée prochaine…

Foo Fighters – Download Festival France

Deux sets en un an et pourtant : les Foo Fighters au Download en fosse à deux rangs de la scène m’ont éclaté comme rarement. Dave Grohl est grand et dommage que ce Hellfest pour les parisiens flemmards n’ait pas trouvé son public car l’affiche et l’ambiance bon enfant méritaient meilleur sort.

Oh Sees & The Soft Moon  – Pointu Festival 

L’étonnant Pointu festival avec Thee Oh Sees et The Soft Moon nous ont régalé sous un cadre idyllique, dans une région qu’il l’est tout autant. Le rendez-vous est pris pour 2019 !

Les passages parisiens de Ty SegallShame, IdlesYoung Fathers et de Father John Misty ne peuvent pas être passés sous silence et étaient aussi de ces moments qu’on se remémorent avec émotion et les deux joues encore fragiles.

attentes 2019

Plus d’interviews pour démarrer. Côté studio, le solo de Jehnny Beth des Savages, un retour de TV On the Radio en forme et un projet incluant Josh Homme ? Sur scène ayant vu tout le monde en 2018, je reste curieux de voir ce que l’an prochain peut faire pour rivaliser. Surtout en termes de festival où il est pour l’instant difficile de s’enthousiasmer sur les affiches de Primavera, Mad Cool ou Nos Alive.