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Mon année 2017 s’est en grande partie déroulée sur l’incroyable île de la Martinique, loin du tumulte de la métropole, du second tour de MLP, des pitreries d’Hanouna et des hommages à Johnny. Un moment coupé de tout, hélas notamment de concerts. Mais un moment qui m’a fait découvrir les musiques antillaises et, de façon plus surprenante, m’a rabiboché avec les albums à guitares. Florilège de mon 2017 à moi.

NB : Pour lire mon top album et mon top titres au complet, cliquez sur les liens.

Les disques.

Corridor – Supermercado

J’étais sous le charme de leur précédent album, “Le Voyage Eternel”, qui foutait un bon gros coup de pied dans la fourmilière du rock indépendant, les pédales d’effet clouées à la chaussure. Avec “Supermercado”, nos Canadiens ont aéré leur son sans renier leurs atmosphères brumeuses, épuré leurs compositions pour une formule plus pop et donc plus accessible. Et une fois encore, les superpositions aventureuses de guitares font des six cordes les véritables héroïnes de cet album.

Forever Pavot – La Pantoufle

Ca fait quelques années déjà que Forever Pavot nous abreuve de ritournelles pop aux fortes inspirations psychédéliques et cinématographiques, mais La Pantoufle pourrait être son petit chef d’oeuvre. Rien n’a été aussi fou et inventif cette année que ses morceaux alambiqués, parfois légèrement indigestes, mais tout sauf pantouflards.

Lea Porcelain – Hymns to the Night

Le jeune groupe berlinois Lea Porcelain n’a, lui non plus, pas pu résister aux sirènes outrancières des années 80, sans toutefois omettre l’essentiel : une identité. Krautrock, post-punk, coldwave, appelez ça comme vous voulez, leur musique est clairement de celles baignées d’une lumière froide. On pense parfois au U2 droit dans ses bottes de cette même décennie, avec supplément âme et noirceur. Un premier jet convaincant.

aldous harding party

Aldous Harding – Party

L’incroyable Aldous Harding, qui a sorti le clip le plus WTF de cette année (à voir ci-dessous), nous a aussi gratifié d’un modèle de sobriété classe en 2017. Après le The Party d’Andy Shauf en 2016, c’est donc le Party de la belle australienne qui a apaisé mon année. A la différence près qu’elle a choisi, contrairement à Andy, d’amener un peu d’inconfort à ses ritournelles pop décharnées. Délicieux malaise.

idles brutalism

Idles – Brutalism

Ils n’ont pas inventé la poudre ni le punk, pourtant Idles ont réussi là où une chiée de groupes ont échoué. En jouant leur post-punk déter avec les tripes et avec cette gouaille typiquement britonne, ils ont réussi à insuffler un vrai vent de fraîcheur à une scène parfois caricaturale. Le grand moment de haine et d’énergie de l’année.

BONUS : Max Cilla – La Flûte des Mornes

Parce que la Martinique ce n’est pas que le zouk love et ses appels au coït, je vous conseille de jeter une oreille attentive à cette réédition du classique de Max Cilla. Ce flûtiste et artisan (il fabriquait ses propres flûtes) martiniquais a donné ses lettres de noblesse à la musique antillaise et notamment au biguine, grâce à ses envoûtants airs joués à la flûte.

Les chansons.

1010 Benja SL – Boofiness

Du R&B sur VisualMusic ?? Eh oui ma p’tite dame. Désolé d’entacher la rock-cred du journal tout rouge, mais le meilleur morceau que j’ai pu entendre cette année, c’est ce morceau entièrement écrit, composé, produit et enregistré par 1010 Benja SL. Un modèle de sobriété qui véhicule toutes les émotions avec une subtilité rare. Du velour, tout simplement.

MGMT – Little Dark Age

Serait-ce le retour tant attendu du duo de Brooklyn ? Après un disque éponyme clairement trop perché pour moi, cette petite perle pop 80s et son refrain entêtant laissent espérer le meilleur pour leur retour en 2018. Inch’allah.

Mixhell – Crocodile Boots (Soulwax Remix)

C’est au kamarade Marku que je dois cette découverte, du boom boom raffiné qui donne envie de bouger nonchalamment son petit boule.

IDLES – Benzocaine

J’ai déjà dit suffisamment de choses dans la section albums, mais ce morceau en particulier m’a servi d’exutoire cette année, avec “Well Done”. De l’énergie brute et des mélodies qui vrillent les entrailles, tout ce qu’on aime.

Steve Lacy – Dark Red

Echappé du collectif The Internet le temps d’un EP, Steve Lacy a mis sa gratte au service d’une pop/soul classique mais diablement addictive sur ce “Dark Red”. Pour le reste de l’EP, il a préféré expérimenter des tas de belles choses qui laissent augurer du tout bon pour la suite.

BONUS : Mina – L’eclisse Twist

Même s’il date de 1962, c’est l’un des morceaux que j’ai le plus écouté cette année. Quoi de mieux qu’un twist italien issu d’un film avec Alain Delon, je vous le demande ?

Pour écouter tous les morceaux qui m’ont fait vibrer cette année :

Les flops.
On va la faire courte :

  • Gorillaz, qui glisse de plus en plus vers l’indigeste produit marketing. Non pas que ce soit nouveau, mais les chansons n’arrivent plus à masquer l’arnaque…
  • LCD Soundsystem, qui m’a déçu, sur la démarche (“je pars définitivement, grosse teuf achetez vos places et vos DVD !… ME REVOILA AVEC UN NOUVEL ALBUM”) et sur la qualité de leur petit dernier, un brin pompeux et pas bien enthousiasmant. Le temps donnera peut-être raison à James Murphy, mais pour l’instant c’est un non.
  • Arcade Fire, qui va finir par nous faire un album hommage à Carlos.
  • Grizzly Bear, qui après 3 albums au top ont claqué ce qui ressemble à un curieux signe de fatigue, voire de paresse.

Les plaisirs coupables.
Je ne sais pas si c’est le fait de vivre en autarcie sur une île où entendre autre chose que du zouk ou du dancehall fait figure de prouesse, mais j’ai eu une certaine affection pour quelques tubes peu reluisants. Je ne ferai pas plus de commentaires, mais voici quelques signes de mon syndrome de Stockholm.



Et le pire de tous, mesdames, messieurs, la cerise sur la merde :

Déso pas déso.

Et 2018 ?
Nous verrons ce que donnera cette première année sans Johnny, mais ça risque de pas être très beau.