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Comme chaque année, VisualMusic recense par membre de l’équipe son best of de l’année mais aussi, et surtout, s’ajouteront des membres de labels, de groupes et d’acteurs de l’industrie musicale avec qui nous avons le plaisir d’échanger régulièrement. De quoi faire son marché dans une année mouvementée.

Mon résumé.

2018 restera pour nous comme l’année faisant suite à 2017 et précédant 2019. Pas plus, pas moins. Mais pourtant, dans quelques siècles, quand l’expédition spacio-archéologique “Return Trip I” reviendra sonder les restes de notre Terre, elle se concentrera sur 2018 pour comprendre en quoi celle-ci fut propice à la naissance de la plus haute relique du Peuple Iommique : “The Sciences” de Sleep.

Les disques.

The Sciences – Sleep

On connait bien l’histoire du groupe poète maudit qui préfère se séparer pour éviter de compromettre sa vision un peu trop absolutiste. Quelques années plus tard, le groupe est devenu culte, compte plus de fans depuis sa mort que de son vivant et une armée de clones qui essayent, avec plus ou moins de succès, de répliquer l’étincelle. Le groupe finit par se reformer pour plusieurs tournées qui les imposent comme les patrons définitifs du genre qu’ils ont contribué à créer.

La question se pose alors : et le nouvel album ? C’est là que ça devient compliqué. Parce que s’il est facile de venir jouer en boucle des morceaux considérés comme parfaits par les fans, sortir un nouvel album c’est un peu remettre le titre en jeu. Refused l’a appris à ses dépens en 2015 avec une galette dont les parts emplissent le cœur de tristesse à chaque fois qu’ils nous les servent en live.

Depuis leur séparation, les musiciens de Sleep ont chacun atteint une certaine maîtrise de leur art : pour Al Cisneros celui d’élever l’esprit et pour Matt Pike celui d’annihiler toute forme de résistance. “The Sciences” c’est ça : le trip forcé, la méditation implacable. Tous les ingrédients qui ont fait leur succès sont présents, mais raffinés et amenés à un niveau sans précédent : puissance, dextérité et humour de stoners. Avec “The Sciences”, Sleep n’a en rien entaché sa légende, il l’a dépassée.

The Free Life – Turbowolf

Le troisième album d’une discographie sans faute. Pour un argumentaire un peu plus poussé allez voir par ici et pour les réponses à toutes vos questions par là.

Dictator – Daron Malakian’s Scars On Broadway

N’y allons pas par quatre chemins : c’est le nouvel album de System of a Down. Vous connaissez l’histoire, après des années à attendre que les autres membres de SOAD soient prêts à enregistrer, Daron a finalement décidé de sortir ses compositions en son nom.
Le résultat ne sonne donc pas du tout comme le premier album de Scars on Broadway, mais bien comme une continuation du son entendu sur “Mezmerize”/“Hypnotize” en 2005. L’occasion donc d’entendre ce à quoi SOAD ressemblerait si Daron travaillait tout seul : on y retrouve ses riffs, mais aussi tout l’humour et le mauvais esprit qui le caractérisent. Ceux qui trouvaient qu’il prenait un peu trop de place en 2005 détesteront cet album, mais ils pourront se consoler en se disant que de toute façon, Daron les nique bien.

Les morceaux.

Age of the Absurd – Mantar

On a rarement entendu crasse aussi dansante. Si la puissance de feu de Mantar n’était plus à prouver, ils ont néanmoins démontré cette année leur capacité à écrire des turbo-hits capables de faire sautiller les poilus les plus endurcis. Pour vos prochaines célébrations festives on vous conseillera donc la méthode suivante : enduisez vos amis d’essence, enflammez le tout, lancez “Age of the Absurd” et dansez dans les cendres.

Leah – Messa

Messa c’est du doom, et si on ne s’en tenait qu’aux riffs on pourrait facilement les laisser au fond de la fosse avec les autres prétendants. Mais l’intérêt de Messa vient de ce qui les éloigne de ces fondations : un feeling presque jazz qui se ressent particulièrement par le doux clavier duveteux qui recouvre le morceau, une guitare qui alterne entre riffs briseurs de nuques et solos bluesys, et une chanteuse qui passe naturellement de berçants murmures à de grandes incantations de prêtresse de Babalon.
Ce morceau reste toutefois le plus traditionnel du deuxième album de Messa, alors si leur délire vous plait on vous conseille bien évidemment d’aller écouter le reste, où ils abandonnent encore un peu plus la facette doom pour exprimer plus profondément leur sensibilité.

The Mystical Beast of Revelations – Huata

Après quatre ans d’attente Huata nous revient transfiguré, à tel point qu’on a failli ne pas les reconnaître. Le groupe est sorti de la fange (huhu) et du son graveleux qui le caractérisait pour aller vers quelque chose de plus lumineux (huhu) et aérien, abandonnant au passage les gazouillis cosmiques qu’on pouvait entendre sur leur split avec Bitcho.

Et pourtant, malgré tout l’espoir qui se dégage de cela, on ne peut s’empêcher d’être tristes. Pourquoi ? Parce que le jour de la sortie de “Lux Initiatrix Terrae”, Huata a annoncé son split. Ils nous laissent donc avec un album qui nous donne furieusement envie de voir comment se traduirait sur scène cette nouvelle identité, tout en raccrochant les robes écarlates.
Huata part sur une très belle note et pour ça on sera reconnaissants envers les Dieux du Mystère.

 

Les concerts.
  • Amenra à la Gaîté Lyrique et au Hellfest
  • Baroness en acoustique au Hellfest
  • Sleep au Trabendo
  • Cancer Bats au Gibus pour les 10 ans de “Hail Destroyer”
  • Converge au Download France
  • Biffy Clyro en MTV Unplugged au Bataclan
  • A Percect Circle au Hellfest, à l’Olympia et au Zénith
    Les attentes pour 2018.

Tool ! Toujours, mais on dirait bien que cette fois sera la bonne.