Rares sont les formations capables de passer du Supersonic aux studios de La Frette. Repéré par le NME avant même d’avoir un format long sous le bras, chest. a enchaîné les premières parties prestigieuses et les kilomètres au compteur sans jamais baisser les yeux. Rencontré la veille de lâcher dans l’arène leur premier album, Happy, Broken, ils reviennent sur une trajectoire pied au plancher, entre ferveur noise, amour des machines et soif de partage.
Sur scène, en studio et lors de cet interview, chest. est composé de cinq membres : Elliot au chant, Nico et Alexis aux guitares, Pierre-Louis à la basse et au Moog, et Thibault à la batterie.
Vous venez de Paris, vous êtes connus comme le groupe du Supersonic. Pouvez-vous nous rappeler comment vous vous êtes formés ?
Nico : ça vient de Pierre-Louis et moi. C’est donc le plus nul, à savoir moi qui a formé le groupe. Je suis allé le voir un jour en lui demandant s’il voulait qu’on fasse un groupe. Il ne savait pas que j’étais nul alors il a dit oui. C’était lors de mon premier été au Supersonic en 2023 où on se faisait chier. J’étais en stage et à force de voir des groupes, de discuter musique, on est devenus potes. Comme on avait les mêmes horaires, on s’est mis à essayer quelque chose les matins avant de travailler. Avec la chance d’avoir accès à la scène du Supersonic.
Au bout d’un mois, Thibault nous rejoint au Supersonic pour un stage. C’est un très bon ami du lycée et il jouait dans Fugue à l’époque. Très vite, on ajoute donc un batteur à notre duo guitare/basse/boite à rythme. Rien de très maquetté n’était sorti de cette première phase mais on avait la détermination et on avait tous les 3 le même rythme de travail et de disponibilité. L’été se termine, on se dit qu’il nous manque un chanteur et comme Elliot traînait beaucoup au Supersonic pour des photos notamment, on lui a proposé après quelques pintes de nous rejoindre en lui parlant de nos démos… En rentrant du Motel un soir, il finit par accepter.
On lui a envoyé une démo à peu près potable, il a trouvé quelques idées et c’était parti. Enfin comme dans tout groupe de post-punk, ajouter une deuxième guitare ne ferait pas de mal. Comme je n’étais pas très bon, fallait mieux trouver une autre personne qui savait jouer. Après une jam, on a pris Alexis et la première répétition au complet de chest. date d’octobre 2023.
Votre premier EP, All Good Things End, vous a rapidement propulsés sur la carte. Vous avez été dans les 100 groupes à surveiller par le NME l’an dernier et avez enchaîné les premières parties de Jehnny Beth, DITZ, Heavy Lungs ou KNIVES. Vous tournez sans arrêt : est-ce qu’il y a eu une période de digestion avant d’attaquer ce premier long-format ?
Elliot : Zéro ! On a fini l’EP et on a décidé très vite de faire un album. Tom de Howlin’ Banana Records nous avait contacté pour sortir l’EP alors qu’on finissait d’enregistrer. L’anecdote est débile : on avait mis un Gmail pour le groupe sur notre Instagram et on ne l’avait jamais ouverte pendant deux mois. Entre deux prises de voix, je me connecte pour la première fois et je tombe sur cet unique mail. (rires)
Après on a enchaîné sur l’écriture de l’album avec une deadline prévue dans 9 mois, on avait un morceau en stock donc let’s go !
Réaction générale : Quelle idée de con, plus jamais on fait ça ! (rires)
Nico : Ce n’était pas une deadline horrible, c’était lié aux dispos du label. Ça nous donnait cette sortie à l’automne 2026, ce qui nous semblait réalisable. Plutôt qu’un mi-2027 qui aurait été bien trop lointain.
Elliot : On est tous dans une optique où on veut produire des trucs et où on s’ennuie vite. Là, ça fait quelques mois qu’on n’a pas écrit un nouveau morceau et je sens qu’on commence à en avoir marre.
Concrètement, ça démarre comment un morceau de chest. ?
Alexis : Souvent, ça démarre par une démo de l’un de nous. Ensuite, les autres apportent des idées et s’approprient cette base. Après, on a des morceaux qui naissent de jams et de répétitions tous ensemble. Mais ce mode là fonctionne moins bien, c’est plus dur de s’accorder et de trouver la place de chacun.
Elliot : On a vraiment composé tout au long de l’enregistrement car on avait très peu de temps vraiment tous ensemble. On se rendait compte à chaque session qu’on était obligés d’écrire pendant et c’est ce qui fait qu’il y a eu pas mal de chansons qu’on a finalisé sans même les avoir jouer tous ensemble en live.
On a fonctionné comme ça par accident et «obligation » et ça a donné une autre manière de composer. On était moins limité par le cadre sur place et sur des timings arrêtés de répétition. Pouvoir faire n’importe quoi avec l’ordi a débloqué pas mal d’idées.
Dans les crédits du disque, il est précisé que la musique, les paroles et la production viennent de vous 5. Vous baignez tous à 100% dans la musique, ce qui est assez rare. Comment faîtes vous pour accorder vos violons ?
Elliot : On a eu de la chance parce qu’on a du apprendre vite à jouer ensemble. Par la chance d’avoir été propulsé avec la capacité de faire des dates et d’être identifié. Ca nous a amené à s’accorder vite et ça nous a évité des étapes compliquées quand tu débutes un groupe où tu dois apprendre à écrire ensemble et où les désaccords arrivent. Forcément, on en a encore mais les choses se font naturellement.
Nico : On est assez lucides sur ce que chacun apporte dans le groupe. Lorsqu’on a besoin de mélodies, on se retourne directement vers Pierre-Louis. Si c’est de la texture, c’est plutôt vers Alexis et moi. On est assez identifiés sur ce qu’on sait faire et notre rôle. Au-delà de ça, on laisse de la place à l’impro pour savoir ce qui manque à un morceau et savoir comment on va pouvoir y remédier. Sans oublier Thibault qui lui va par exemple faire un gros travail de production. Tout ça fait qu’on arrive à structurer un morceau assez rapidement.
Thibault : Ce qui joue aussi, c’est qu’on n’a pas trop d’ego sur nos parties. Ce n’est pas grave si pendant une minute, tu ne joues pas. Si le morceau a besoin d’une seule guitare, etc.
Vous avez enregistré dans plusieurs studios et notamment aux mythiques studios de La Frette, lieu de passage de Nick Cave, Fontaines D.C., Shame ou des Foals. Quelle était l’atmosphère sur place et comment vous vous y êtes glissés et sentis ?
Elliot : Au vu du niveau de notoriété qu’il y a derrière cet endroit, ça pourrait être très intimidant et austère d’y aller. Encore plus pour des groupes comme nous qui ont l’habitude d’enregistrer dans des petits studios. Pour autant, ce qui est trop bien là-bas, c’est que tu sens très vite chez toi et que tu y es hyper bien accueilli. C’est un lieu imprégné d’histoire : créativement parlant, c’est très nourrissant et tu ne te sens pas jugé. Parfois quand tu arrives dans un studio, tu peux avoir cette sensation d’avoir le couteau sous la gorge par rapport à la gestion du temps. Là pour le premier morceau de l’album, on l’a écrit à deux avec Thibault à 2h du mat’ parce que les autres étaient partis bosser.
T’as un gros studio en bas, Elizabeth qui prépare à manger, toutes les chambres sont remplies de vieilles guitares, ça sent la poussière et c’est trop bien. (rires)
Thibault : J’y travaille lorsqu’il y a des sessions d’enregistrement et cette ambiance est là grâce aux trois personnes qui gèrent le lieu. C’est un cadre bienveillant où l’idée de se sentir à la maison, à la bonne franquette. Tu ne sens pas à l’étroit et à l’aise surtout.
Nico : À aucun moment, l’équipe te fait ressentir que tu ne joues pas dans la même cour que le groupe qui était là la semaine dernière. Ça parait évident en le disant mais il n’y a pas de standings.
On voit beaucoup de formations actuelles changer de trajectoire très vite. Sur ce disque, on retrouve des synthés et une place bien plus large accordée à la mélodie. Comment cette évolution est arrivée chez vous ?
Elliot : On l’a fait inconsciemment et consciemment. On s’est retrouvés autour du post-punk et l’EP est un socle où l’on a appris à jouer ensemble. Tout est allé vite et on s’est retrouvés à écrire un album alors qu’en termes de timing, tu te retrouves normalement à faire un EP. Cette évolution des morceaux s’est faite en se posant des questions mais pas tant que ça.
On n’a pas envie de dupliquer ce que les autres groupes font. Ils le font très bien mais ça ne nous intéresse pas. On s’est dits qu’on aimait bien ces parties dansantes, voire techno qui arrivent dans le post-punk et on s’est demandés comment on pouvait l’intégrer à notre sauce. Comment rendre notre musique plus accessible, moins austère.
Alexis : Dès que j’ai rejoint le projet, on avait déjà l’intention d’avoir une musique hybride. Nous étions un peu dans l’urgence parce qu’on avait déjà une date calée donc on s’est retrouvés à aller au plus « simple ». Sur l’EP, on a donc moins exploré à part peut-être sur un titre comme Song 008.
Pierre-Louis : On a tous essayé d’amener notre panel musical, on se retrouve tous sur nos goûts. Avec Alexis et Thibault, on aime beaucoup les machines et l’électro. La question était de savoir comment intégrer ça à notre musique sans non plus finir par une configuration en live qui devient difficile à gérer. Chez moi, c’est passé par l’achat d’un Moog, ça me faisait kiffer d’avoir un autre instrument. Chez Alexis, c’était de trifouiller avec des machines et c’est ce qui a donné cette atmosphère sur l’album pour avoir un résultat cohérent.
Nico : En faisant les interviews, je me suis rendu compte que l’EP était un instantané de nos références communes et on a appris à jouer autour de ça alors que l’album nous a permis de voir comment chacun pouvait jouer autour de ce squelette. On ne voulait pas que l’album soit un ersatz de Fontaines D.C. ou Idles. C’est normal et évident d’être comparé à ces groupes lorsque tu fais du post-punk mais c’est aussi pour ça qu’on s’est dits qu’il fallait trouver notre son. On y a mis la personnalité de chacun donc tu as de la mélodie, voire de la pop, de la noise et ça donne un bon Frankenstein.
Dès vos débuts avec des titres comme Blood On Your Doorstep ou Going Clear, vous avez une science du morceau et des paroles qui restent en tête. C’est encore flagrant ici avec Entertainment ou Lotus Eater. Est-ce que c’est quelque chose que vous recherchez dès la composition, notamment au chant ?
Elliot : J’avoue que c’est un truc que je cherche tout le temps. C’est ce que je kiffe et je suis celui qui écoute le plus de pop et les chansons les plus accessibles. À titre personnel, j’ai un taux d’attention qui est extrêmement limité donc j’ai beaucoup de mal à rester sur des titres complexes et austères. Avoir cette touche mélodique et entêtante, c’est ce qui est le plus important pour moi. Je ne peux pas imaginer qu’on est un morceau sans un élément accrocheur et accessible. C’est l’intérêt de la musique, c’est d’avoir des morceaux censés être écoutable pour une mamie de 80 ans comme un gros snob de noise comme Nico. (rires)
Nico : C’était le deal de base. Qu’on arrive avec nos pédales, avec nos influences à la Gilla Band, cette envie de faire du bruit mais de quand même produire des chansons. C’est un compromis qui devient plaisant. En injectant des larsens et des éléments niches dans de la pop, ça donne un cadre qui permet de ne pas trop s’éparpiller.
Pierre-Louis : Au début, Nico était frustré car il arrivait avec des sons qui ne tendaient pas vers des morceaux. Il avait du mal et il a fini par prendre le pli : « Et merde, ça devient un morceau et il ne dure pas 8 minutes ! »
Elliot : Et on a la chance d’avoir 3 ingé son dans le groupe, ça nous donne une sorte de cadre qui permet de ne pas oublier que le plus important, c’est de faire des morceaux qui parlent aux gens et qui leur donne envie de te voir en live.
Si on fait des morceaux de 8 minutes non stop, je vais me barrer de la salle de répét’ parce que je m’ennuie et sur scène, je ne saurais pas quoi faire. Je peux gueuler mais pendant tout ce temps, ça fait beaucoup !
Ca permet de servir tout le monde dans le groupe d’avoir un son plus équilibré. À la sortie du single I’m Proud, vous avez déclaré que c’était le titre dont vous étiez le plus fiers. Au-delà du jeu de mots facile, racontez-nous la naissance de ce morceau et pourquoi il a ce statut particulier chez vous.
Elliot : C’est le dernier que l’on a fini et c’est celui où on s’est permis le plus de liberté et où on s’est laissés le plus de place. On avait fini ce titre en studio et je suis parti travailler. Thibault et Alexis ont continué à travailler dessus en ajoutant les choeurs. Comme d’habitude sur la plupart des morceaux, je suis parti et après je reçois un lien Dropbox avec quelque chose qui ne ressemble plus du tout à ce qu’on a fait. Je l’écoute à vélo, ça kicke chez moi et ce qu’ils ont réussi à faire, c’est exactement ce qu’il fallait pour ce morceau et j’aurais été incapable de le faire.
Nico : On adore tous ce titre aussi parce qu’on l’a composé hyper rapidement. En deux prises, c’était fait et on a pu ensuite s’atteler à la production en ajoutant quelques sons. C’est très satisfaisant lorsque tu es dans le stress de la fin de l’album d’avoir un morceau réalisé en un quart d’heure.
D’ailleurs sur la structure du disque, il est évident que cette chanson soit la dernière, tout comme Everyone Learns To Leave Quietly était celle qui devait ouvrir l’album. L’ordre était assez évident, non ?
Pierre-Louis : On a du prendre une après-midi de réflexion. Il y avait des emplacements logiques. C’est à la fois important et pas du tout parce qu’on sait aujourd’hui, les gens vont piocher et écouter dans le désordre. T’as envie d’avoir une histoire cohérente de A à Z avec une certaine intensité et de rythme.
Nico : Selon moi, il y a quand même un côté face A / face B avec un côté dansant et un autre plus sombre. Mais je pense qu’on l’a pas fait exprès.
Entre vos casquettes au Supersonic, qui voit défiler tout ce qui se fait de plus excitant en Europe, et vos premières dates, vous avez sympathisé avec une bonne partie du circuit indé, jusqu’à jouer après Fontaines D.C. en clôture de La Route du Rock. C’est la fast life permanente, le quotidien de chest. ?
Pierre-Louis : Ça dépend de chacun. Alexis et Thibault sont intermittents donc c’est dans la continuité de leurs activités. Pour les 3 autres qui sont en CDI, il faut pouvoir poser des jours et trouver le temps à côté d’un temps plein. ll faut trouver une organisation, une gestion du temps et du stress éventuel que ça engendre. On le gère différemment.
Elliot : L’intensité de ce rythme n’est pas la même pour tous au même moment. L’avantage d’avoir un quotidien toujours occupé, c’est que ça te permet de ne pas trop te prendre la tête sur ton projet. Ca peut être stressant mais c’est aussi ce qui te permet de ne pas te triturer le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel. Ce qui est important pour nous, c’est d’écrire les meilleurs morceaux possibles et d’avoir le meilleur live possible. Le reste, c’est annexe. Le fait de ne pas être posé chez toi en attendant le prochain concert fait qu’on ne se pose pas de questions. Dans une semaine, on joue à Lausanne et Nantes et c’est très bien comme ça.
Vous avez déjà un programme chargé avec des dates en France, la release party à Paris fin novembre à La Maroquinerie et des dates en Angleterre et une présence au festival The Great Escape à Brighton en mai prochain.
Nico : Jusqu’ici, on a fait beaucoup de premières parties et de festivals mais assez peu de concerts en headline. On va se frotter à un autre exercice et c’est con mais lorsque les gens paient le ticket pour toi et que le concert dure 1h et pas 40 minutes, c’est une autre histoire. C’est hyper stimulant et on a plein de choses prévues sur lesquelles on pourra communiquer en temps et en heure en France et ailleurs.
Le rock s’est toujours nourri de prises de position franches. On vous voit régulièrement réagir sur les réseaux et là encore dernièrement face aux violences contre les lycéens lors des manifestations de ces dernières semaines. C’est une responsabilité indissociable de la musique que vous défendez ?
Elliot : Ça en fait forcément partie. En tant qu’artiste, je trouve ça important de se prononcer. C’est une liberté que l’on a, artistiquement ou personnellement et le fait de pouvoir mélanger les deux, c’est indissociable. Avoir la chance des gens qui s’intéressent à ce qu’on dit et qui sont sensibles fait qu’on est un peu obligés d’utiliser nos croyances politiques et éthiques et de les mettre en avant.
Nico : On n’en a jamais trop parlé entre nous donc ça m’intéresse. Ce ne sont pas des prises de positions pour dire « on est à Paris, on est de gauche, faut le dire. » On n’a pas un devoir, je ne me sens pas obligé d’utiliser notre plateforme pour en parler sinon on n’est pas courageux. C’est plutôt le miroir de nos vies personnelles. De nos jours, quelqu’un qui me dit qu’il est apolitique, ça m’intéresse et je veux en discuter. Ce n’est pas lié à notre statut d’artistes, c’est plus en tant qu’humain : il se passe des choses folles aujourd’hui et être silencieux, c’est déjà prendre parti.
Ouvrir notre bouche, c’est affirmer que l’on a un avis et de le communiquer. Plutôt que de forcer les gens à penser comme nous. Je pense qu’en 2026/27, être silencieux c’est vraiment prendre position. Le minimum qu’on puisse faire, c’est d’en parler.
On sent globalement dans votre comportement sur scène, tout comme sur ce volet que vous ne vous forcez pas et que ça reste très humain.
Elliot : Je suis très réfractaire à la notion de calcul et je ne veux pas qu’on soit dans le contrôle. On a envie de pouvoir s’exprimer comme on le veut et que même en live, on garde de la spontanéité et une certaine liberté. Ne pas être formaté, de ne pas construire un set avec des gimmicks. Je n’y vais pas pour voir un spectacle mais quelqu’un qui s’exprime. Un live, c’est nous et le public et point. Que ce soit un moment de partage.
Pierre-Louis : Au début, on ne jouait pas d’un point de vue professionnel. On jouait surtout entre nous et on ne veut pas ressentir la notion de faire nos devoirs. On peut déjà nous avoir demandé des choses et quand on ne le sent pas, on ne le fait pas.
Happy, Broken : d’où vient le titre et la pochette ?
Pierre-Louis : On bosse avec une artiste qui s’appelle Ludivine Pommet et qui s’occupe de nos visuels depuis notre premier titre, Going Clear. C’est donc elle qui s’occupe de notre identité visuelle. On n’a pas eu d’envie particulière autour de l’album : on lui a juste envoyé le titre et les morceaux et elle nous a fait des propositions. L’image du boxeur nous a plu parce qu’il y avait quelque chose de frontal.
Elliot : C’est un sport qui reflète le nom de l’album et l’image du groupe. T’as un côté violent et fragile car dangereux. C’est un mélange de morceaux violents, touchants, mélodieux. Travailler avec elle, c’est très facile car elle a vite compris notre univers et elle l’a dessiné à sa manière. Pour l’album, on lui a donné carte blanche et on lui a dit ce qu’on préfèrait.
Nico : Pour le titre, c’est mon sujet préféré donc je vais éviter de faire un tunnel. En fait, c’est un mélange entre les paroles d’Elliot, notre son et notre position de mecs entre 25 et 30 ans vivant à Paris. C’est la dichotomie entre le fait d’être dans une vie bien occupée dans un monde horrible qui est en train de tomber dans le fascisme. Et ce n’est pas une position de le dire mais un fait. Depuis Going Clear, les paroles reviennent à dire qu’on vit tous une catastrophe en train de se faire et que le seul moyen qu’on a trouvé pour ne pas déprimer et sortir de notre lit, c’est de faire la fête par moments. Il y a une notion de fête triste où tu rigoles avec tes potes, tu bois des coups et pour autant quand tu rentres chez toi, tu te rends compte que le monde est en train d’exploser. Cela ne nous empêche de passer des bons moments et on ne se force pas encore une fois mais c’est plus l’idée de jongler et de composer avec ces éléments. Ce qui fait que parfois, je peux avoir du mal à comprendre les gens qui sont heureux en permanence mais c’est un autre sujet. (rires)
Elliot : Arriver à continuer à vivre ton quotidien dans un monde qui brûle. Essayer de trouver un peu de bonheur et de joie dans un merdier total.
Pour finir plus tranquillement, quelle est la dernière chose qui vous a vraiment fait marrer en tant que groupe, sur la route ou en studio ?
Des memes de chats qui cuisinent des kebabs, notre répartition SACEM ou notre manager dans l’avion. Sinon la semaine dernière on prend l’avion pour aller en Autriche et juste avant la sécurité pour l’embarquement, on voit Alexis courir en sens inverse sans prévenir personne. Ce qui est hyper suspect dans un aéroport. Il était parti jeter son CBD qu’il avait dans la poche avant de prendre l’avion. On lui a tous demandé pourquoi il avait ça sur lui à l’aéroport mais il ne s’en était pas rendu compte. (rires)
On vous passe l’histoire d’Elliot et de sa batterie de vélo électrique mais sachez que chest. n’est pas partie pour être la prochaine égérie d’Austrian Airlines.

