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Même si ce vendredi était le coup d’envoi officiel d’un marathon de 7 jours de Hellfest, la fête avait déjà commencé la veille, avec un Metal Corner à la programmation plus que conséquente. On vous en parlera plus en détail dans notre podcast. En attendant, les portes de l’Enfer sont ouvertes !

Abrahma

Premier concert du festival ! On est généralement une cinquantaine sous la Valley lorsque résonnent les premiers accords qui ouvrent le festival de l’Enfer. Les festivaliers normaux étaient auparavant soit encore au lit, soit aux stands de merch pour faire leurs achats avant le rush. Mais pas cette année. Cette année le premier slot a déjà droit à un public relativement conséquent. On aura l’occasion de faire ce constat tout au long de cette double édition : cette année les festivaliers sont beaucoup plus déterminés.

Il y a donc du monde pour accueillir Abrahma et les parisiens ont visiblement l’air touchés. On avait suivi leurs débuts, quand Alcohsonic est devenu Abrahma. En regardant les dates et on s’aperçoit que ça fait exactement dix ans. Et ça fait mal. En une décennie, Abrahma est passé d’un stoner assez lourd aux accents psyché rappelant quelque peu Monster Magnet, à un doom beaucoup plus sombre et mélancolique se teintant parfois de phases post.

C’est bien à cet Abrahma qu’on a affaire ce matin. Pas de bagarre, aujourd’hui on ne sautille plus, on plane et on déprime. Mention spéciale à l’entêtant « Lost.Forever. » dont le riff continue de nous hanter. Ouvrir un festival comme celui-ci n’est jamais chose aisée et ils s’en sont acquittés avec beaucoup de classe. Bravo à eux.

In Other Climes

Les niçois semblent motivés et fiers d’avoir été choisis pour ouvrir la Warzone, preuve en est leur entrée en matière ultra énergique : Le premier moshpart est brutal, et la célèbre scène dédiée au punk et au hardcore effectue son premier circle pit dès le second morceau.
In Other Climes joue un hardcore moderne très maitrisé avec des partie beatdown efficace, l’inspiration Hatebreed est prégnante, et ce jusqu’au débordement très metallique de la fin de set – de quoi constituer une bonne séance de réveil musculaire.

Higher Power

Leur « 27 Miles Underwater » en avaient faits une des révélations de 2020, aussi on avait hâte d’enfin voir en live les freaks de Leeds. Pas de déception, l’énergie présente sur album se retrouve bien sur scène.

Higher Power c’est des rythmiques et une attitude qui peuvent rappeler Deftones, mais aussi un son qui se fait parfois 90’s, voire grunge.

Sur la demi-heure qui leur est allouée les mecs donnent tout ce qu’ils ont et se permettent un petit wall of death matinal. Ils nous servent une bonne moitié de l’album sus-cité accompagnée de leur tout premier single « Can’t Relate » et du plus récent « Fall From Grace ». On en ressort repus et heureux.

 

Ferocious dog

Place à Ferocious dog, groupe anglais de celtic punk chiadé. C’est un peu un passage obligé sur le festival. Les instruments liés au genre sont de sorties: Accordéon, banjo acoustique, violon pour un show qui se rapproche plus des volontés mélodiques d’un Flogging Molly que des hymnes de stades d’un Dropkick Murphys qui jouera plus tard dans l’après midi sur la même scène. Malgré son statut de groupe inconnu du public français, les natif de Sherwood sont très à l’aise sur la grande scène et conquis rapidement une main stage qui n’attendait qu’une occasion de faire la fête de si bon matin.

 

Burning heads

Enfin du punk rock, youpi ! mais sur la main stage et mal sonorisé, ouille. C’est la première fois que nous voyions BH depuis le départ de Pierre, qui fut la tete parlante du groupe depuis plus de 30 ans.
Le constat est immédiat : le changement de chanteur et l’ajout d’ un guitariste ne bouleverse rien musicalement parlant mais modifie la dynamique scénique du désormais quintet, bien moins statique. L’esprit reste le même avec une formation au punk rock compact mais épuré – peut être un peu trop pour la main stage.
Burning head déroule le set avec enthousiasme, alternant nouveautés et classiques (I feel fine, Super modern world) et ne déroge pas à son traditionnel morceau punky reggae, ici Fear qui a fait fuir quelques grappes de metalleux (sous nos rires narquois). un bon show qui aurait mérité une place sur la Warzone – et donc un public bien plus réceptif.

 

Elder

Autre écoute de confinement, « Omens » m’avait accompagné pendant ces longues heures de réclusion. Sa pièce maitresse « Halcyon » passait en boucle et l’obsession de voir ce titre en live avait fini par achever de me rendre fou.

Béni soit ce 17 juin 2022 parce qu’enfin j’allais y avoir droit ! Mais pas avant une belle rétrospective de la discographie de l’ancien : l’ultra heavy « Dead Roots Stirring » de l’album du même nom, le « Compendium » représentant le meilleur album du groupe « Lore » (pas de débat possible, désolé) et « Sanctuary », seul titre mémorable de « Reflections of a Floating World ».

Si on a vu un nombre incalculable de groupes terminer leurs sets en avance ces deux week ends, il est à noter qu’Elder furent quant à eux forts généreux avec un concert commencé quelques minutes avant l’heure et terminé un peu après.

Encore une fois Elder nous a emportés et on est partis très loin.

Rudeboy plays Urban Dance Squad

Eh ben, si on m’avait dit à mes 14 ans qu’un jour j’assisterai à un concert de ce groupe, je ne l’aurais jamais cru… Pour rappel, Urban Dance Squad fut un fer de lance de la fusion européenne comme FFF ou Asian dub Foundation, mais est surtout connu pour avoir largement inspiré Rage Against The Machine, (certains dont l’auteur de ces lignes vont jusqu’à dire que les californiens ont tout piqué à UDS).
Malgré un certain manque de mordant dû à l’exercice nostalgique, le chanteur Rudeboy et ses acolytes ont su fédérer les nombreux fans de Suicidal Tendencies présents à la Warzone, et se sont permis de provoquer un beau petit bordel sur le tubesque « Demagogue ».

 

Frank Carter & the Rattlesnakes

Le groupe de l’ex chanteur de Gallows nous a livré un set bien plus énervé que les dernières prestations que j’ai vu d’eux, en particulier à L’Epicerie moderne en 2019 ou l’anglais s’était pris pour un crooner. Cette fois ci, le père Frank a remis son costume de festival et se livre a ses facéties qui l’ont rendu célèbre : Il se met debout au dessus du public, maintenu par les costaud de la fosse ; utiliser lesdits costauds pour faire le poirier; se lancer dans le public et demander (avec un juron tous les 5 mots évidemment) un circle pit autour de lui sur un Juggernaut dont le break dévastateur aurait plu à la Warzone. Les tubes Lullaby et I hate you sont très bien accueilli parait-il, je veux bien croire FooFree sur parole, j’étais parti voir un petit groupe local sur la Hell Stage.

 

Poésie Zéro

En dehors des Main Stage, Warzone et des tentes Valley / Altar Temple, le Hellfest accueille également le Hell Stage dans la partie Hell city consacrée au merchandising et aux animations diverses. C’est sur cette mini scène que FooFree et moi avions pu voir Mars Red Sky en 2019, et c’est également là que j’ai pu assister à la performance de Poésie Zéro.
Le plus trollesque des groupes de punk hexagonal se pointe avec une formation inhabituelle : deux chanteurs, un guitariste et euh… un boite à rythme pour le reste. FX – fondateur du groupe et batteur de feu Justin(e) beugle et invective le public d’habitués qui connaît quasi toutes les chansons jouées. Aussi les réactions sont positives, aussi bien quand les classiques du répertoire de PZ sont joués (« Crs », « Invincible », « Coupe du monde de pogo », « Constamment sous C »…) ou quand le public du Hellfest est assimilé à une horde de nazis. Le concert empiète sur l’horaire de Offspring qui va commencer sur la Main Stage ? “On s’en fout de Offspring ils ont sorti que de la merde depuis Punk in Drublic”.
La meilleure phase arrive bien évidemment à la fin du concert ou FX demande à tout le monde de s’asseoir pour célébrer le fait que… le groupe n’avait été entouré d’une aussi belle bande de trous du cul – et se casse sans donner son reste. Le public se met à entonner la morceau « Va niquer ta mère » sous le regard du chanteur revenu ranger ses micros, l’air dédaigneux.
Assurément le concert de ce weekend.

 

The Offspring

« Pretty fly (for a white guy) », « Kids aren’t alright », « Why don’t you get a job »… A priori, tout ce que The Offsprings peut proposer en 2022 c’est une poignée de titres si connus que même le plus extrême des black métalleux les sifflote sous la douche – et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Les californiens ont certes une vraie habitude des grandes scènes en termes d’interaction mais bon sang que tout cela est statique, le plus remuant ce doit être le batteur. On a tout de même bien apprécié la grande présence des titres de l’album « Smash » (leur meilleur selon nous) avec Self Esteem en final. Voilà, c’était l’instant RTL2.

 

High on Fire

Il est des jours où le glorieux Matt Pike descend des cieux pour nous en coller une à tous. Rien besoin de dire, si ce n’est un simple « merci », avant de recevoir la divine mandale. Puis la suivante, puis la suivante, puis la suivante. Parce que c’est jamais une seule baffe avec High on Fire. C’est claque, contre claque, puis uppercut pour la bonne mesure !

La Valley était bien trop peu remplie considérant la taille de la légende, mais les présents ont formé un joli petit pit pour rendre hommage au guerrier torse nu.

Baroness

Epicus Baroness Metallicus ! Il faisait bien trop chaud. D’ailleurs, ils étaient tous à moitié à poil. Mais ça ne nous a pas empêchés de sauter dans tous les sens devant l’irrésistible catchycité de leurs chansons turbo-épiques. À chaque fois que je vois Baroness, l’ambiance monte d’un cran. Ce soir là on était surement sur le point culminant de la chose. Les mecs partent à la guerre avec le sourire et soulèvent nos têtes tranchées avec une fierté qui nous ferait presque oublier qu’ils font ça tous les jours.

John Baizley et Gina Gleason enchainent les poses cheesy au possible, mais la puissance de leurs riffs nous interdit formellement de leur en vouloir. Et pire, on kiffe ça !

Le concert se termine sur un « Isak » fédérateur avant lequel John nous demande de chanter le riff comme des supporters. Rentre chez toi « Seven Nation Army ». Ça marche, et ça marche tellement bien qu’une fois la bande partie les spectateurs continuent de faire raisonner les murs de la Valley du glorieux « PooooPooooPoPooo ! PooooPoooPololooo ! ».

Cro Mags

Plus qu’un groupe légendaire de hardcore, Cro Mags est avant tout le groupe de John Joseph et Harley Flanagan. Et comme les deux ne peuvent plus se blairer et se sont battus devant les tribunaux pour recupérer le nom du groupe, eh bien ce soir ce ne sera que Harley Flanagan. Et quiconque a vu sur scène ce petit homme fort musculeux à l’enegie inépuisable et à l’aura de dément n’aura aucun de mal à imaginer la potentielle dangerosité du lascar. Si la formation presente au Hellfest ce vendredi soir presente un hardcore / thrash / crossover assez scolaire – ce qui est normal vu l’age du groupe – il a su monter la gamme sur les morceaux présenté comme nouveaux. Ajoutez à cela des discours bien sentis sur la préservation de la santé mentale et l’unité à l’aune de la guerre en Ukraine et on obtient un concert estampillé Warzone bien sympathique.

 

Electric Wizard

C’était un des clashs qui m’avait fait le plus mal sur le papier. Peu de regrets au final puisque je quitte un Deftones des mauvais jours pour voir un Electric Wizard plus qu’en forme.

Avec eux c’est toujours une expérience physique et le volume extrêmement élevé nous racle les intestins, pour notre plus grand plaisir. Le son est pourtant au poil : suffisamment crasseux pour qu’on puisse gouter sa saleté, mais pas non plus au point de devenir inintelligible.

Côté setlist c’est aussi la régalade. Je fais partie de ceux qui avaient été peu convaincus par le dernier album en date « Wizard Bloody Wizard » et j’ai été comblé puisqu’ils en ont joué… rien du tout ! Que des pièces de choix ! Le morceau le plus récent datait de « Time to Die » ! On a gouté le sang stupéfiant du compte Drugula, ridé avec les Chosen Few, célébré la Black Mass et fini à Funeralpolis.

Quel voyage ! Et même si on se plaint souvent des changements de line up au point qu’on ne sait plus vraiment qui est dans le groupe, on a désormais la certitude que Jus, Liz et leurs contractuels seront toujours là pour nous régaler.

Deftones

Disclaimer: ma connaissance de la discographie de Deftones est parcellaire, j’ai bien écouté quelques albums (White Pony, Saturday Night Wrist) et quelques singles à droite à gauche. J’ai néanmoins toujours apprécié l’atmosphère très particulière des morceaux du groupe, et j’attendais cette prestation au Hellfest avec curiosité.

Dès le premier morceau, on remarque que la scénographie est très centrée sur Chino Moreno, dont la plutôt bonne forme vocale ne sera pas mise en valeur par une sonorisation défaillante – un point commun à la majorité des concerts de la Mainstage sur les 2 weekends d’ailleurs. Le joli light show et les images projetées en arrière-scène font leur petit effet néanmoins. Les morceaux que j’ai pu identifier ont été très bien interprétés notamment grâce au remplaçant du guitariste Steph “antivax” Carpenter (resté au pays durant cette tournée) : très propre sur Rocket Skates, bien gras sur le riff mastodonte de Diamond Eyes, rapide et sautillant sur le classique Headup. Par contre, le pauvre aura à peine eu les honneurs d’un passage sur les écrans géants, c’est à se demander si les autres membres de Deftones n’en avaient pas honte… dur. En parlant de guitare, j’ai été très surpris de voir Chino en attraper une pour interpréter Change et Digital Bath, de façon assez convaincante qui plus est.
L’autre moitié des titres (que je découvre, donc) sonnent malheureusement comme de simples variantes de précédents morceaux, à l’exception de – je regarde la setlist, un instant – Rosemary. Preuve que ces chansons peinent à convaincre, certains dans le public s’assoient, et ce même proche de la scène. Heureusement, le final 7 words réveillera tout le monde et sonnera la fin de cette première journée souriante me concernant (après un large détour vers la folie furieuse qu’a été la fin du concert de Suicidal Tendancies).