Votre mot de passe vous sera envoyé.

Première fois au Lollapalooza Paris pour cette édition 2022 venue avec des clients assez rares dans la besace en amenant Turnstile et Pearl Jam, absents de la capitale depuis 2006 !

Dans l’hippodrome de Longchamp, on y trouve une mini Tour Eiffel, des glaces gratuites, une tente pour écouter de l’électro et 5 scènes extérieures. Un site sobre et efficace qui manque peut-être un peu d’ombre au vu des 65°C ressentis ce dimanche 17 Juillet. Qu’on se le dise, rien ne nous aura empêché de profiter d’un line-up diversifié, rare et riche en excellente surprise.

Turnstile, là pour célébrer les vacances.

Présents à Paris pour l’Elysée Montmartre en juin, les nouvelles stars du hardcore Turnstile sont bien venus ! Point d’annulation comme au Hellfest ou au Main Square, Baltimore est dans la place pour un set donnant toute la place au carton GLOW ON avec 10 morceaux sur 18. Pour un album qu’on pourrait penser peut-être trop bien produit et difficile à reproduire en live, les doutes se dissipent en quelques secondes. Brandon Boyd aime à faire des tours de pistes pour s’occuper le temps qu’il ne chante pas, tend son pied de micro pour jouer avec le public et sait tenir sa scène avec des moves pourtant parfois pas si éloignées de la danse des canards ! Au-delà de sa présence physique, sa voix épate complètement avec des notes hautes jamais prises en défaut et une vraie sympathie de frontman sans trop forcer. Le reste du groupe est bien présent et si tout se voit de près facilement, on remarquera la qualité de la réalisation sur les écrans qui permet de bien voir le solo de batterie de fin de set de Daniel Fang. Daniel et Brandon, les potes avec qui tu ne pars pas en vacances à la plage sous peine d’avoir un sérieux déficit d’abdos. Moins d’un an après la sortie de leur troisième album, Turnstile est donc ce mutant hybride entre la pop et le hardcore. De quoi interroger des fans de Meghan Thee Stallion là pour topper les premiers rangs :

« C’est quoi le signe déjà ? »🤘

Les tubes fonctionnent, le son est nickel, ça pogote bon enfant et en plus le concert faisait la même durée qu’un set classique du groupe avec 18 titres au menu ! Que demander de plus ? Rien. Avec ‘HOLIDAY‘ pour fêter ce début d’été et ‘T.L.C (TURNSTILE LOVE CONNECTION)‘ pour remercier le public. En commençant en douceur et en montant en puissance avec aisance, ils nous ont régalé du début à la fin. Aucun doute : si GLOW ON est bien produit, il est aussi super bien rendu en concert.

Little Simz : elle a tout d’une grande.

En inspectant la programmation, nous avions surveillé les productions de Little Simz et on se disait qu’il valait mieux la découvrir plutôt que voir les réchauffés Maneskin. Accompagné d’un backing band de 5 personnes, elle est arrivée lunettes sur le nez et la batterie annonce la couleur : Sometimes I Might Be Introvert. Titre de son quatrième et dernier album en date qui reflète à la fois la personnalité de sa chanteuse qui parvient directement via son attitude en même temps à mettre dans l’ambiance estivale et à donner le sentiment d’être dans un concert en salle. Connivence, aura et flow démoniaque, elle est LA découverte de la journée et ce moment cool que l’on recherche par moments en festival. Très installée en Angleterre, connue pour ses premières parties et featuring pour Gorillaz et encore relativement peu populaire en France, elle nous a scotché et vissé le sourire au visage pour le reste de la journée.

Pearl Jam, la carte Merveille ?

SEIZE LONGUES ANNÉES que Pearl Jam n’avait pas frôlé la capitale française. Leur dernière apparition sur le pays datait du Main Square 2012 et après 2 années de stand-by liées au COVID, le mal est enfin réparé et la malédiction conjurée. Eddie Vedder a donc le loisir de prendre place sur scène avec une bouteille de rouge, Jeff Ament avec un couvre-chef dont il a le secret sous 36 degrés et Stone Gossard comme Matt Cameron porteront eux leurs discrétions légendaires pendant la totalité des deux heures du set.

 

Un concert de PJ, ce sont des morceaux de bravoures : souvent liés aux inoubliables tubes de Ten que le groupe ne peut pas se permettre de laisser de côté. ‘Alive‘, ‘Even Flow‘, ‘Jeremy‘ sont des nôtres mais c’est toujours ‘Black‘ qui embarque la foule, nous fait reprendre en choeur ses trémolos et qui nous trottent dans la tête sur la route du retour. Une setlist de Pearl Jam, c’est aussi entendre des bouts de disques incroyables comme Vitalogy ou Yield qui totaliseront 8 titres ce soir pour notre plus grande chance. Bien sûr ‘Given To Fly‘, ‘Corduroy‘ et ‘MFC‘ pour les morceaux intenses, ‘Do The Evolution‘ et ‘Not For You‘ pour les rageurs et ‘Wishlist‘ pour la balade. Et qu’importe le titre, on pourra dire que le meilleur joueur de la partie s’appelait Mike McCready. Le guitariste a multiplié les solos de qualité, les courses vers les côtés de la scène, joué avec ses dents : la panoplie d’un guitar hero sous-estimé dont les riffs et la générosité n’ont jamais été de trop.

Aux nombreux t-shirts du groupe croisés pendant la journée et à l’abnégation qu’ont les premiers rangs à ne pas lâcher leurs places, on parie notre brumisateur que cette date était attendue de pieds fermes. Eddie Vedder saluera même un des membres du fan club français Pearl Jam Family, qui n’a pas pu se rendre le jour J pour cause d’hospitalisation.

Peut-être que c’était la troisième fois après d’excellents shows vus à Sydney en 2009 ou à Lisbonne au Nos Alive en 2018. Peut-être aussi que le fait d’avoir une dizaine de titres en commun avec la setlist précédente nous aura moins surpris. La barre était haute mais nous avons eu l’impression de voir un Vedder un peu déboussollé. Notamment dans ses interventions teintées de daronnades et perdant le fil de sa pensée. Assez loin de ses tirades entièrement traduites en portugais au NOS Alive 2018, de ses blagues et anecdotes habituelles qui nous mis des étoiles plein les yeux. Enclin à se plaindre de la chaleur, de la fumée ou des 20 ans de la fille de Matt Cameron qu’ils étaient en train de rater ce soir-là. En attendant, la vraie raison de tout ça se situait au niveau de la gorge d’Eddie Vedder puisque pour le moment PJ a du annuler les dates prévues à Vienne et Prague en raison d’une incapacité à chanter.

Au vu de l’ensemble des réactions, la ferveur et le plaisir étaient bien là et partagés à la fois par le public et le groupe et qu’on espère que lorsqu’ils nous ont dit « à l’année prochaine », ce n’était pas juste par politesse. Fait rare, le set n’aura qu’on connu que peu de covers et se terminera par ‘Baba O’ Riley‘, grande classique des setlists.

Chapeau à l’orga !

Une entrée/sortie sans attente, ni débordement. Des bouteilles d’eau distribuées gratuitement par la sécurité lors des shows des têtes d’affiches. Des commandes qui se passent vite et bien, des points d’eau réguliers. Ce n’est pas souligner une évidence que de voir un festival de cette taille où l’organisation n’entâche pas l’expérience et où on ne « sent » pas la foule. Bravo au Lollapalooza pour la facilité avec laquelle tout s’est déroulé. Pour avoir repris la route des festivals de toute taille depuis quelques mois, ce n’est clairement pas donné à tout le monde

Avec sa jauge à 65 000 personnes par jour, c’est sous 3 jours que reviendra le Lolla Paris en 2023 du 21 au 23 juillet. Curieux de voir quelle affiche le festival nous réservera d’ici-là et c’est avec grand plaisir qu’on reviendra !