Après une sympathique interview dans le bar en surface, descente dans les profondeurs parisiennes pour accéder à la Mécanique Ondulatoire : un grand tonneau creusé dans la roche dans lequel patientent déjà les fans de Pulled Apart By Horses.

Comme le veut la géographie des lieux, le groupe arrive par l’escalier au fond de la salle, se faufile jusqu’à la scène, saisit ses instruments… La lumière s’éteint et c’est parti.

Le concert commence comme leur dernier album « The Haze », avec les furieux « The Haze » et « The Big What If ». Ces morceaux démontrent ainsi leur incroyable efficacité live, ce qui ne surprend toutefois personne puisque l’album nous avait déjà largement convaincus.

Et pourtant dans le public c’est le calme plat. Ça bouge gentiment la tête et ça se regarde du coin de l’œil en se demandant qui osera y aller en premier. Le syndrome bien connu des débuts de concert, probablement accentué par un effet absence de vestiaires et gros manteaux, que la folie de ces premiers titres n’aura malheureusement pas réussi à endiguer.

Mais les verrous sautent instantanément quand le groupe enchaine avec son classique « I Punched A Lion In The Throat ». C’était un pari assez osé que de placer le plus gros tube aussi tôt sur la liste, mais on peut dire qu’il aura payé. Ça sautille dans un premier temps, puis ça se met carrément sur la gueule au nom de l’ultimate power et de la maximum life. C’est beau. Les mecs qui s’étaient placés au milieu du pit avec leurs bières se les font renverser sur leurs petits pulls de connards et la justice divine est rendue.

Côté son on est bien évidemment loin de la perfection, mais si tu venais là pour ça tu faisais déjà erreur au départ. L’ensemble est assez saturé, l’architecture des lieux n’aidant pas, mais on distingue à peu près tout le monde et c’est plus que suffisant.

« HAPPY HUNGOVER DAY ! »

C’est par ces mots que le chanteur Tom Hudson nous signifie que même s’il est vingt et une heures passées, ils sont encore en rémission de la cuite de la veille. Comme il nous l’expliquait un peu plus tôt en interview, le niveau de fête au concert de la veille était si élevé qu’ils se sont couchés à six heures du matin. La sortie du brouillard a dû s’effectuer un peu avant de monter sur scène et c’est pourquoi en voyant le public s’agiter il nous complimente et nous dit qu’on a tous l’air bien plus en forme qu’eux.

En effet, les habitués des concerts de Pulled Apart By Horses savent que Tom se retrouve en général dans le pit entre le premier et le deuxième morceau et qu’il passe souvent plus de temps à mosher que sur scène. Ce soir tout le monde reste à sa place et l’énergie s’exprime surtout dans les micros.

« This song is about our royal family being a bunch of lizards »

Avec leur précédent opus « Blood », on a un temps cru que l’âge avait fini par faire son effet et qu’on les avait finalement perdus. De cette période il ne reste plus qu’un mauvais souvenir incarné par le calme « Lizard Baby », seul représentant dudit album sur ce set.

On avait pu trouver un côté 90’s, pour ne pas dire grunge, à « The Haze ». Cette impression s’est trouvée confirmée ce soir, peut-être en partie à cause des longs cheveux blonds de Tom, mais aussi par l’énergie brute que les titres dégagent en live.

Gueule de bois ou pas, l’attitude reste la même et on a bien devant nous une bande de potes qui se charrient entre les morceaux.

James : Merci !
Les autres : Wow.
James : I tried it at the Subway and the guy just laughed at me.
Tom : I think they call it « le métro » here.
James : HAHAHA ! (rire forcé)

Après une rageuse reprise de « Helter Skelter », la guerre est déclarée pour les deux derniers titres avec l’ultra-violent « V. E. N. O. M. » et l’ultra-festif « High Five, Swan Dive, Nose Dive » pour lequel Tom finira dans le public.

Les quatre amis quittent alors la scène en se frayant un chemin à travers les fans, lesquels en profitent pour leur crier leur amour et leur asséner de grandes tapes dans le dos. On a l’impression de voir un groupe de catcheurs suants repartir après une victoire arrachée avec les dents.

Si c’était à ça que ressemble un jour sans pour Pulled Apart By Horses, alors je pense qu’on ne sera jamais déçus.


Merci à Caroline International France.
Photo : FooFree, photographe grunge