Votre mot de passe vous sera envoyé.

Troisième saison de nos aventures au Pointu Festival de retour cette année sur l’incroyable site de la Presqu’île du Gaou. Il nous tardait de revenir depuis 2019 et nous avons déjà hâte d’y retourner.

Repartis pour trois jours dans son cadre habituel et au format payant pour la première fois, le Pointu avait fait le pari d’ouvrir sa programmation rock indé anglais et américain en intégrant d’autres styles musicaux comme Jungle ou The Avalanches. Retour sur les faits marquants d’un week-end rempli de son, de soleil et de bonne humeur.

Stella Donnelly, chouchou du public.

Apparemment inconnue d’une grande partie de l’assemblée, la chatoyante Stella Donnelly a conquis toute la foule le dimanche soir. En solo à la guitare, avec son groupe immédiatement adopté par la foule avec Jack le guitariste francophone, en chorégraphie avec George : elle et son groupe ont été LE soleil de cette édition. Bientôt à la tête d’un deuxième disque et équipé d’un capital sympathie inébranlable, elle et sa voix inimitable méritent tout ce qui lui arrive.

Shame, au-dessus. Comme toujours.

Au Bataclan, au Levitation France , en première partie de FIDLAR en 2016 ou dans ta salle des fêtes, Shame sera toujours au top. Venus avec les nouveaux morceaux d’un futur troisième album non annoncé que l’on imagine de mieux en mieux, ils ont encore éclaboussé la scène de leur férocité, de leurs harmonies vocales, des saltos de leur bassiste Josh Finerty, du jeu de guitare de Sean-Coyle Smith. Et que dire de Charlie Steen et de sa faculté à tenir une scène dans le creux de sa main sans trop en faire. Shame, c’est tous les jours, tous les soirs et au Pointu comme ailleurs : la démonstration que le talent n’attend pas le nombre des années.

Notre interview de Shame au Levitation France 2021 ici.

La foudre électro a frappé trois fois.

Autre projet de la tête pensante de Portishead, Geoff BarrowBeak> a remplacé Kevin Morby. De la folk US au krautrock John Carpenter-esque, il n’y a qu’un pas qu’on a adoré franchir dès le premier jour. Vus en 2020 au Petit Bain, le trio est toujours aussi aliénant. De la danse malsaine saupoudrée de l’humour à froid de son leader :

« Ceux qui habitent ici ont raison. On vient d’Angleterre et chez nous, c’est horrible. »

Autre vision du croisement entre le rock et l’électro, le trio franco-anglais Madmadmad a eu l’occasion de se faire une réputation au Chill Out dès le samedi. Au point d’avoir retourné des têtes et de voler le show à la scène principale. Scène qu’ils devaient ouvrir dans tous les cas le dimanche. A mi-chemin entre Justice, Soulwax et LCD Soundsystem pour des beats quasi intégralement instrumentaux qui font du bien par où ça passe. Vraie découverte du week-end, on va maintenant les surveiller de près.

La jeunesse et la folie en étendards.

En remplacement de Boy Pablo ayant annulé sa venue la veille pour cause de maladie, Geese est arrivé en roue arrière sur l’autoroute. Déjà croisé en interview, à l’International et chez Echoes, les jeunots de Brooklyn sont toujours aussi imprévisibles. Avec un membre supplémentaire maintenant en charge des claviers, le set surprenant nous a démontre la virtuosité et le talent de ce groupe qui flirte avec des passages heavy à la Led Zep ou un rock mélodieux qu’on assimilerait aux Strokes. Que ce soit par la vélocité de son batteur, les poses de guitar hero de son guitariste lead ou par les envolées vocales de Cameron Winter, Geese aime à déformer ses titres et à jongler entre interludes et morceaux sortis de nulle part. Pour notre plus grande surprise et plaisir. Très malin sera celui qui sera capable de savoir ce que l’avenir leur réserve.

Les seniors au rapport.

Partout à l’affiche depuis leur existence, The Hives n’a plus sorti de disque depuis Lex Hives en 2012. A l’exception, coïncidence d’un premier live chez Third Man Records en 2020. Peut-être trop bavard la dernière fois qu’on s’est croisés, Pelle Almqvist nous a fait encore preuve de ses qualités de showman et encore plus quand il s’agit de meubler le temps qu’une guitare récalcitrante finisse par trouver une remplaçante. Main Offender, I Hate To Say I Told You So, Tick Tick Boom étaient du voyages, tout comme I’m Alive et Good Samaritan, titres les plus récents de leur catalogue.

De la mélodie sous les guitares.

TV Priest était là pour présenter My Other People sorti deux semaines à la mi-juin. Comme échangé en interview plus tôt dans la journée, le groupe était heureux d’être là et Charlie Drinkwater s’est occupé d’habiter un set jonglant entre post-punk nerveux et rock porté sur les synthés face à un public de fin de journée un peu statique.

Les absents n’ont pas toujours tort.

Peu épargné par le COVID et les problèmes de transports cette année, le Pointu a dû essuyer plusieurs abandons de dernière minute : Bartees Strange, Boy Pablo et Cigarettes After Sex. Indépendants de la volonté des organisateurs et ne faisant pas partie de nos indispensables du week-end, ces annulations ne nous ont absolument pas empêchées de passer un excellent week-end. Certes, c’est dommage et on peut comprendre les déceptions de certain(e)s. Mais il faut quand même rappeler que les 3 jours de festivals ne coûtent qu’une quarantaine d’euros et qu’il est impossible de remplacer un artiste le jour même. Deux choses à prendre en compte avant de râler. Au registre des déceptions, on pourrait évoquer le set éventé des The Avalanches ou le concert un peu trop abstrait des Caroline dans lequel on a eu du mal à rentrer. A l’inverse, on ne s’attendait pas forcément à bouger devant Jungle. Comme quoi, se laisser porter ne fait de mal à personne.

Et 2023 ?

Pour en savoir plus sur les coulisses de l’édition 2022, vous pouvez lire notre interview avec son programmateur, Vincent Lechat. Un espace chill-out encore plus exploité, plus de place pour l’art visuel ou un décalage à un autre week-end sont autant de pistes évoquées. On ne sait rien de l’affiche qui nous attend mais on peut déjà dire qu’il est difficile d’imaginer les prochains étés sans ce superbe échauffement des vacances.